Maroc, terre de haute civilisation
Le Maroc est un pays dont la civilisation et la culture ont été façonnées depuis des siècles par les apports du monde extérieur. Sur le fond initial de la matrice berbère, phéniciens, juifs, arabes, turcs, ibères et autres peuples navigateurs sont venus déposer une part de leurs traditions, et l'empreinte parfois profonde de leur culture.
Cet enrichissement continu et permanent donne toute leur originalité aux arts marocains qui, tout en préservant les valeurs et archétypes de la tradition, ont su intégrer harmonieusement les esthétiques venues d'ailleurs : telle broderie d'Azemmour rappelle étrangement les ouvrages crétois ou ceux de la renaissance italienne ; une céramique "au bateau" de Fès n'est pas sans évoquer les "plats à la caravelle" d'Iznik ; un chef d'oeuvre de l'orfèvrerie tétouannaise renvoie aux graphismes arabo-andalous...
La "mère nourricière...réceptacle des civilisations" de Fernand Braudel a engendré un "Royaume des Arts", dont on peut admirer les productions merveilleuses au Musée des Arts Africains et Océaniens de Paris, au Prado de Madrid, à la Smithsonian Institution de Washington ou même au si méritoire musée privé de Monsieur Dahan en Belgique . Mais malheureusement peu, trop peu, dans les "musées" du Maroc. Le peu de pièces de prestige s'y trouvent en effet disséminées entre plusieurs sites indigents, et certains chefs d'oeuvre sont parfois relégués dans des endroits insolites (une visite au musée de la céramique à Salé peut à cet égard réserver des surprises de taille...).
Culture ? Connais pas !
C'est qu'à la pauvreté endémique de ces musées, dont l'essentiel du patrimoine date de la période de Lyautey, est venue s'ajouter l'absence totale de toute politique d'acquisition. L'Etat n'a en effet pas encore intégré une évidence, aujourd'hui incontournable : la culture est un facteur de développement essentiel, dont la rentabilité se traduit en termes concrets et quantifiables, en matière de création d'emplois et de développement d'un tourisme de "qualité", enrichissant en effets induits. Or aucune stratégie culturelle cohérente ne peut faire l'impasse sur une politique muséale conséquente.
Par ailleurs, le Maroc n'a pas encore atteint ce que l'on pourrait appeler "le point critique" pour l'émergence d'une véritable classe de collectionneurs d'arts traditionnels, du moins en nombre suffisant pour constituer les prémisses d'un marché, où la confrontation de l'offre et de la demande créerait la dynamique pouvant aboutir à de grandes collections et, par suite, au mécénat.
Ce retard est dû pour l 'essentiel à la persistance de référents culturels hérités de la colonisation, nourris d'un certain parisianisme, et encouragés par les réflexes moutonniers d'une classe bourgeoise fraîchement enrichie : on garnit ses vastes et innombrables salons de croûtes, commises par des peintres tirés miraculeusement d'un juste oubli et parés pompeusement du titre de "Maîtres de la peinture marocaine", alors qu'à Marrakech, Paris ou Londres, des étrangers avertis raflent les moukahlas des Ida ou Nadif, les belles broderies de Rabat ou les merveilleuses céramiques fassis des 17ème et 18ème siècles.
Arts traditionnels marocains : vers la reconnaissance
Alors, pas de collectionneurs au Maroc ? Pas de Culture ? Pas de collections ?
Heureusement non ! De plus en plus de personnes -d'horizons, formations et situations sociales très différentes- découvrent tous les jours l'incroyable richesse et l'originalité esthétique des arts traditionnels du Maroc. Ceux-là constituent la trame d'un tissu culturel qui ne fera que se fortifier et se développer dans les années à venir : ils préparent de fait la reconnaissance et le rayonnement d'une partie importante de la culture nationale, par l'évidence que les arts dits "traditionnels" apportent une dimension unique et irremplaçable à cette culture.
Ceux-là seront les dignes héritiers des quelques pionniers qui ont ouvert la voie, comme chercheurs ou collectionneurs. Nous n'en citerons aucun, par crainte d'en oublier, et parce qu'alors l'équité imposerait dans ce cas de rendre enfin justice à ceux qui, malgré la pression de la colonisation et l'indifférence quasi générale, ont sauvé ce qui pouvait l'être de notre patrimoine, et passé parfois toute une vie à défendre et promouvoir une culture qui n'était même pas la leur : et ceux-là, assurément, sont bien plus nombreux.
Parmi la poignée de grands collectionneurs marocains, quelques uns ont bien caressé le rêve de sortir de leur "splendide isolement", et d'apparaître à travers un musée ou une fondation privée. Mais aucun n'a pu mener à bien un tel projet.
Et si l'on venait à citer le Musée de Marrakech, on remarquerait que cette réalisation -généreuse- a été bien plus une œuvre de rénovation architecturale qu'un véritable ensemble muséal. L'erreur majeure a été d'une part de ne pas prévoir de collections permanentes, et d'autre part de ne pas avoir assuré, par voie légale, la pérennité de l'institution. Quant au mécénat d'entreprise, il s'est limité aux arts plastiques, avec d'ailleurs des conséquences heureuses.
Au cours du demi-siècle suivant son indépendance, le Maroc a vécu de grandioses réalisations et autant d'échecs patents, dont la politique (ou plutôt l'absence de politique) culturelle.
Aujourd'hui, l'émergence et le fort développement de l'outil Internet peuvent complètement bouleverser la problématique culturelle. On sait désormais le virtuel en capacité de compléter, ou du moins de relayer, les systèmes culturels traditionnels, en particulier en ce qui concerne le déficit en espaces de musée. Le Maroc, qui connaît un développement exponentiel du nombre d'ordinateurs individuels, compte par ailleurs une jeunesse de plus en plus impliquée dans ce domaine.
MarocAntics, une petite pierre à l'édifice
Voilà donc venue la chance, le petit coup de pouce qui peut tout changer !
On peut aujourd'hui créer des musées virtuels à volonté, les enrichir à l'infini, les ouvrir au monde, élargir sans cesse le cercle de leurs adeptes, dialoguer en temps réel avec un collectionneur de céramiques à New Delhi ou un amateur de tapis anciens à Berlin...
MarocAntics.com a pour ambition d'être acteur de ce mouvement formidable et d'accompagner, modestement mais activement, ce qu'il faut bien appeler une révolution dans le paysage culturel.
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On y trouve aussi bien des articles généraux d'initiation aux arts traditionnels marocains que des contributions plus spécialisées et érudites.
La section Musée d'Ali présente des objets d'art faisant partie de collections privées : celles-ci sont dorénavant ouvertes à tous ceux qui voudront bien les admirer.
L'actualité culturelle est traitée au travers d'un agenda, ainsi que de comptes-rendus des principaux événements marocains et internationaux (expositions, enchères, parutions). Une rubrique Échos du souk met ses lecteurs dans la confidence des bruissements du marché de l'art.
Des conseils et guides d'achat éclairent les amateurs souhaitant choisir et acquérir des pièces anciennes. Un service gracieux d'expertise est aussi proposé aux curieux désirant connaître les caractéristiques (origine, époque) et la valeur d'un objet (offre valable jusqu'au 31.12.2005).
Une sélection de liens Web, commerciaux (Galerie Athar) ou non (MarocAntan), est également fournie pour permettre la mise en relation des collectionneurs ou encore l'acquisition de pièces anciennes.
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