Le marché de l’art au Maroc (6/8) :convoitises allogènes
Comme cela était prévisible, le marché marocain des œuvres d’art commence à prendre de la consistance à travers les ventes aux enchères. On a pu ainsi assister dernièrement à une vacation qui a totalisé prés de 14 millions de dirhams de ventes en quelques heures (vente CMOOA du 25 mars 2006). Une sélection de plus en plus rigoureuse des œuvres présentées, ajoutée à un professionnalisme affûté, ont permis de crédibiliser le jeu et d’attirer la clientèle marocaine de haut de gamme. L’exemple de la CMOOA semble aujourd’hui faire école, puisque, comme nous en avions déjà avancé l’hypothèse, certaines maisons de ventes étrangères se sentent soudain une «âme marocaine».
Une première opération se déroulera prochainement sous la direction de la SVV MASSOL, dont le commissaire priseur attitré , Didier Lafarge, mettra ses compétences en œuvre pour assurer l’indispensable assistance technique, manier le marteau comme une baguette magique, et mener certainement tout cela bien rondement.
Il n’est pas sûr que cette initiative ne soit pas bénéfique pour le marché de l’art. La venue et, nous l’espérons, l’incrustation de Massol, auraient des conséquences plutôt positives, et entre autres :
- La mise au courant et la formation, surtout là où elles font cruellement défaut, c’est à dire en matière de sélection des lots mis à l’offre.
- La vulgarisation de mécanismes élémentaires déjà fort rodés en matière de techniques de ventes, dont nous avons fait état par ailleurs.
- L’adaptation des opérations d’enchères à la mentalité et à l’atmosphère locales : trouver le juste équilibre entre le rigorisme inopérant des bureaucrates et la gestuelle débridée des shows télévisés. Les enchères n’étant bien évidemment ni un conseil d'administration ni une danse à pas comptés.
- L’introduction de règles éthiques indispensables à la crédibilisation des ventes : à titre d’exemple, le bannissement des ventes après clôture des enchères, de gré à gré, pratique qui fait dire aujourd’hui à certains «qu’il vaut mieux s'abstenir d'enchérir, et attendre l’après enchères pour faire les bonnes affaires…».
L’intervention des maîtres étrangers aura également des conséquences positives pour le commerce indigène. Il nous semble en effet tout à fait heureux que des maisons parisiennes ayant pignon sur rue, rompues aux finesses des ventes de niveau international, veuillent bien participer à la promotion d’un secteur qui commençait à battre de l’aile. Le commerce devrait se féliciter des possibilités nouvelles d’écoulement des articles de Richard Wright, et le retour en grâce des chinoiseries qui enchantaient nos grands parents. Entre les vacations inaccessibles, où les oeuvres atteignent les deux millions de dirhams,et celles où l'on tentatit vainement d'écouler la "drouille", voilà enfin un segment prometteur pour l'avenir !
Il pourrait en découler une louable action de promotion et de déstockage qui, grâce à des sociétés qui engagent leur prestige international dans l’opération, permettrait enfin de dépasser les conflits, et de cimenter des rapports confraternels nouveaux.
Resteront toujours posés, bien sûr, les problèmes que nous avons évoqués précédemment, en particulier ceux liés à l’expertise et aux garanties données aux acheteurs. Il ne faut pas désespérer à cet égard d’une prochaine initiative des instances législatives. A défaut d’être en mesure d'obtenir des expertises incontestables, il ne reste donc plus, en attendant, qu’à croiser les doigts…
Et, pour certains, à chanter le joli mois de mai en entonnant en signe de bienvenue un tonitruant "Do, Ré, Mi, Massol ", sur un air de boogie-woogie, bien entendu !
Lire la suite : le rôle des galeristes.









































merçi encore une fois pour la qualité de tes commentaires.
je me demande comment massol pourrait se meler à une vente ou des oeuvres d'artistes Marocains dont elle ne connait rien sont adjugés.
comment par exemple pourrait elle cautionner la vente d'un Saladi sur isorel. Du jamis vu!!!!!
Rédigé par: JALIL | le mar. 16 mai 2006 à 18:02
Je crois qu'il faut laisser faire "ces messieurs de Paris" qui sont d'une compétence universelle.
Pour le Saladi en question, je vous donne une information qui pourrait vous être utile : s'il vous intéresse, achetez le plutôt directement en galerie.Il est toujours affiché à 30.000DH, alors qu'il est estimé sur catalogue 40.000 à 50.000Dh
Mais chut, que ça reste entre nous...
Rédigé par: Ali, ouèbe-maistre | le jeu. 18 mai 2006 à 19:16